La crise de l'eau

Comment améliorer la situation ?

"Il existe aujourd’hui une crise de l’eau, mais cette crise n’est pas due à son insuffisance à satisfaire nos besoins ; elle résulte plutôt d’une si mauvaise gestion de cette ressource que des milliards de personnes - et l’environnement - en souffrent gravement." Rapport sur la Vision mondiale pour l’eau

En l’état actuel des choses, il est encore possible de prendre des mesures constructives pour éviter que la crise ne s’amplifie. Tout le monde s’accorde pour reconnaître que nos ressources en eau douce sont limitées et qu’il convient de les protéger, en termes de quantité et de qualité. Ce défi lié à l’eau concerne non seulement la communauté de l’eau, mais également les décideurs ainsi que chaque être humain. "L’eau est l’affaire de chacun", tel était le slogan du 2ème forum mondial de l’eau.

Economiser les ressources en eau

Quel que soit l'usage que l'on fasse de l'eau douce - pour l'agriculture, l'industrie ou la consommation domestique - il existe des possibilités considérables d'économies et d'amélioration de la gestion. Presque partout, on gaspille de l'eau. Tant qu'ils ne se trouvent pas en présence de pénuries, la plupart des pays et des gens pensent qu'avoir accès à l'eau est chose toute naturelle. Avec l’urbanisation et l’évolution des styles de vie, la consommation d’eau continuera de grimper. Néanmoins, l’évolution des régimes alimentaires, par exemple, peut contribuer à atténuer le problème : en effet, la quantité d’eau nécessaire à la production d’1kg de pommes de terre est de 100 litres, alors que pour 1kg de bœuf, il faudra 13 000 litres d’eau.

Améliorer l’approvisionnement en eau potable

L’eau devrait être placée au cœur des priorités. Le Conseil mondial de l’eau a pour objectif, entre autres, d’accroître la sensibilisation aux problèmes liés à l’eau. Les décideurs, à tous les niveaux, doivent être impliqués. L’un des Objectifs de développement du millénaire consiste à réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de personnes n'ayant pas durablement accès à l'eau salubre et à des installations sanitaires de base. A cet effet, un certain nombre de mesures devraient être envisagées:

  • garantir le droit à l’eau;
  • décentraliser la responsabilité de l’eau;
  • développer les savoir-faire au niveau local;
  • augmenter et améliorer les financements;
  • assurer le suivi et l’évaluation des ressources en eau.

Renforcer la coopération transfrontalière

En ce qui concerne les conflits transfrontaliers, le développement économique et la valorisation du patrimoine culturel des régions peuvent être renforcés par les Etats dans le cadre d’accords de coopération sur l’eau. La gestion des ressources en eau peut être considérée comme un facteur de coopération et de paix, plutôt qu’un enjeu géostratégique entraînant un conflit armé. Bon nombre d’initiatives ont été lancées pour éviter les crises. Des engagements institutionnels, comme pour le fleuve Sénégal, ont été conclus. En 2001, l’UNESCO et la Croix verte internationale ont mis en œuvre conjointement le programme “Du conflit potentiel au potentiel de coopération“ en vue de promouvoir la paix, à travers l’intégration de solutions de coopération entres les Etats et les différentes parties prenantes.

Pour en savoir davantage sur ce programme: www.gci.ch/en/programs/natural_02.htm

www.unesco.org/water/wwap/pccp

Raréfaction des ressources en eau

Crise agricole

Bien qu’au cours des 30 dernières années des efforts significatifs aient été consentis pour garantir la sécurité alimentaire, les prélèvements d’eau destinés à l’irrigation représentent 66% du total des prélèvements au niveau mondial, avec plus de 90% dans les régions arides, tandis que 34% de ces prélèvements sont destinés à la consommation domestique (10%), aux activités industrielles (20%) ou proviennent de l’évaporation des réservoirs (4%). (Source: Shiklomanov, 1999)

A mesure que les besoins en eau de chaque individu augmentent en raison de l’évolution des modes de vie et de l’accroissement de la population, la proportion de l’eau consommée pour les besoins humains devient plus importante. Conjuguée à l’irrégularité dans le temps et l’espace, qu’elle soit destinée à la production alimentaire, aux installations industrielles ou à un tout autre usage, l’eau se fait de plus en plus rare.

Crise de l’environnement

La situation est d’autant plus dramatique que la hausse de la consommation d’eau pour les besoins humains n’entraîne pas seulement une baisse de la quantité d’eau disponible pour le développement industriel et agricole, mais constitue également une grave menace pour les écosystèmes aquatiques et leurs espèces. De ce fait, les écosystèmes ne parviennent plus à maintenir l’équilibre de notre environnement. (cf L'eau et la nature)

Les tensions ne cessent de s’accroître

A mesure que les ressources en eau s’épuisent, les tensions entre les différents utilisateurs risquent de s’amplifier, tant au niveau national qu’au niveau international. On a répertorié plus de 260 bassins-versants fluviaux partagés par deux ou plusieurs pays. En l’absence d’accords et d’institutions solides, une évolution soudaine au sein d’un bassin risque de provoquer des tensions transfrontalières. Les grands projets qui ne sont pas accompagnés de programmes régionaux de coopération peuvent être à l’origine de conflits, intensifiant ainsi l’instabilité dans la région. L’exemple des fleuves Parana et de la Plata, de la mer d’Aral, du Jourdain et du Danube illustrent bien cette situation. En raison des pressions exercées sur la mer d’Aral, la moitié de sa superficie a disparu, soit 2/3 de son volume d’eau. 36 000 km² de fonds marins sont désormais recouverts de sel.

Source: WaterGAP 2.0 - décembre 1999

On assiste à un stress hydrique lorsque la demande en eau dépasse la quantité des ressources disponibles. Sur cette carte, l’indicateur de stress hydrique mesure la part des ressources en eau totales renouvelables prélevée pour des usages humains. Le stress hydrique entraîne une dégradation des ressources d’eau douce en termes de quantité (surexploitation des eaux souterraines, rivières asséchées, etc.) et de qualité (eutrophisation, pollution par la matière organique, intrusion saline, etc.). La valeur du ratio indiquant l'apparition d'un stress hydrique élevé se fonde sur le jugement et l’expérience de spécialistes (Alcamo and others, 1999). Ce seuil critique varie de 20% pour les bassins dont l’écoulement est très variable à 60% pour les bassins des zones tempérées. La carte retient un seuil de 40% pour caractériser un stress hydrique élevé. On constate que la situation à travers le monde est très hétérogène.

Le concept de stress hydrique

Photo by ADMVB bokidiawe@yahoogroupes.fr

L’abondance des eaux usées quotidiennement déversées n’avait jamais représenté un aussi grand péril dans l’histoire de notre planète : selon le programme conjoint de suivi 2004 OMS-UNICEF, plus d’une personne sur six buvait encore de l’eau provenant de sources non potables (soit 1,1 milliard de personnes) et plus de deux personnes sur six manquaient d’installations sanitaires de base (soit 2,6 milliards de personnes) en 2002.
3 900 enfants meurent chaque jour de maladies transmises par l’eau (OMS 2004). Il faut savoir que seules les populations les plus démunies sont concernées par ces chiffres. En réalité, ceux-ci devraient être beaucoup plus élevés.

La crise de l’eau

Alors que la population mondiale a plus que triplé depuis le début du siècle, l’utilisation des ressources en eau douce a été multipliée par six. Dans les cinquante années à venir, la population mondiale aura encore augmenté de 40 à 50%. Avec la croissance de la population, conjuguée à l’industrialisation et à l’urbanisation, les besoins en eau seront considérables et les répercussions sur l’environnement multiples.

Manque d’eau salubre et d’assainissement

Faites et chiffres

1,1 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable

2,6 milliards de personnes manquent d'installations sanitaires décentes (chiffres pour 2002, source: UNICEF/OMS JMP 2004)

1,8 million de personnes meurent chaque année de maladies diarrhéiques.

3 900 meurent chaque jour de maladies liées à l'eau (OMS 2004)

 

Quantité d'eau utilisée par personne et par jour dans les zones résidentielles:

- 350 litres en Amérique du Nord et au Japon

- 200 litres en Europe

- 10-20 litres en Afrique sub-Saharienne

Plus de 260 bassins versants sont partagés par deux pays ou plus, la plupart sans arrangements légaux ou institutionnels corrects.

Quantité d'eau nécéssaire à la production d'1kg de:

- blé: 1 000 L

- riz: 1 400 L

- boeuf: 13 000 L

(D.Zimmer et D.Renault, 2003)

Ressources / Approvisionnement

Par ressources en eau, nous entendons l'eau disponible à l'homme pour ses diverses utilisations: domestique, agricole ou indistrielle.

Par approvisionnement en eau, nous entendons l'eau ayant subi des traitements et devenue potable.